Sakura – les cerisiers en fleurs

La fleur de cerisier est au japon un symbole national, porteur de bonheur et de chance.
Un célèbre poème composé par Motoori Norinaga (1730 – 1801) exprime cet attachement au cerisier de tout un peuple :

Si quelqu’un me demandait
Quel est le cœur du Japon
Je répondrai qu’au soleil du matin
Ce sont les cerisiers sauvages
Qui fleurissent la montagne

Sakura et Samouraïs

Le sakura a toujours été un symbole de beauté éphémère au Japon et est étroitement associé aux samouraïs et aux bushi (guerriers). La vie était considérée comme belle et courte, telle une fleur de cerisier.
« Entre toutes les fleurs, la fleur de cerisier ; entre tous les hommes, le guerrier ».
Cette mystique est typiquement nipponne ; « le mono no aware » : contemplation de la nature, attachement à son pays, respect de la nature et de ses beautés.
L'on en retiendra six composantes majeures, attachées à l'idéal chevaleresque japonais :
  • la nature éphémère de la fleur de cerisier : celle-ci, au moment de sa floraison, tombe subitement, sans passer par le stade de la fanaison.On assimile ceci au bushi qui, à peine éduqué et entraîné au combat, tombe brusquement et sans regret quand l'heure a sonné, avant même d'avoir eu le temps de vieillir.
  • la pureté incarnée par le sakura, tout comme l'idéal du bushi est de se maintenir en état de pureté d'âme et de corps : « un vrai samouraï consacre tout son temps au perfectionnement de lui-même ».
  • le sublime parfum du sakura, qui est identique au nom honorable du samouraï qui fuit la lâcheté et s'efforce de laisser après sa mort un nom immortel et glorieux, doux comme le parfum. Le samouraï tente, tout au long de sa souvent brève existence, de fonder sa conduite sur son code d'honneur. En servant pleinement, honorablement, il espère laisser tout comme la marque du parfum du sakura une trace, la mémoire de son nom comme étant un modèle de bravoure, de fidélité, de loyauté.
  • la fragilité même du sakura, qui se détache sans regret de son support, comme le samouraï pour qui la belle mort est celle dépourvue de tout déshonneur.
  • la perfection quant à la nature biologique du sakura, à l'image du samouraï, qui dans son éthique, sa façon de vivre, sa voie doit tendre vers cette même perfection.
  • la délicatesse du sakura, qui est semblable à l'âme du bushi, éduqué à la fermeté mais aussi à la délicate courtoisie et aux belles manières.

    Shimanzun résumera ainsi le lien unissant le guerrier à cette figure poétique : « les samouraïs sont l'incarnation du bushidô, à travers les enseignements de la fleur de cerisier ».

Pendant la  seconde guerre mondiale, le sakura était un symbole servant à motiver le peuple japonais. Les pilotes nippons  le peignaient sur les flancs de leur avion avant de partir pour une mission suicide. Le gouvernement encourageait les Japonais à croire que l'âme des soldats morts au combat se réincarnait en fleurs de cerisier. Aujourd'hui encore, les militaires et les policiers utilisent ces fleurs comme emblèmes, drapeaux et insignes à la place d'étoiles.

Influence culturelle

La floraison de ces cerisiers a, au travers de l'histoire du pays, toujours inspiré les artistes japonais : l'empreinte culturelle de cet évènement est omniprésente dans la littérature (notamment dans les manga), la peinture, les danses traditionnelles, le théâtre et la religion (bouddhisme, shintoïsme).

De même, le sakura est très présent dans la musique. Il existe au moins une chanson populaire intitulée Sakura sakura, initialement prévue pour être jouée par un shakuhachi (flûte de bambou).

Les sakura sont représentés de manières très diverses sur les kimonos, les articles de papeterie et la vaisselle.

Des fleurs par milliers

Le pique-nique sous les fleurs est une coutume depuis l'antiquité. Le pique-nique printanier était à l'origine l'occasion de trouver le ou la partenaire pour les jeunes gens, et n'était pas tout à fait pour apprécier la beauté des fleurs. On dit que c'est à partir du 9ème siècle. que les aristocrates ont pris l'habitude d'aller contempler la floraison des cerisiers. C'est alors qu'il est né le hanami, pique-nique en quête des fleurs de cerisiers.

Pour l'empereur et sa famille, il était presque impossible de sortir du palais à l'improviste. Le souverain organisait donc une festivité dans la cour avec des branches de cerisiers offertes en hommage par les nobles et par les sujets.

La floraison des cerisiers atteint son apogée début avril environ.

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